Un jour, je changerai. Demain ou jamais, je verrai. J'ai un peu peur de grandir, de ne pas réussir. Réussir quoi, bonne question. Je ne sais plus vraiment quoi penser. Et pourtant je m'évertue à me dire « autant continuer, sans trop réfléchir. » Pour tout ça je m'interroge, savoir si toutes ces pensées ont un sens, et je fais mon possible pour les effacer, partiellement du moins. Dès maintenant, je veux prendre un nouveau départ. En finir avec les grandes responsabilités, les impératifs et les trop grandes difficultés à surmonter, mais pour un moment seulement.
A cet instant même, je pense à ces années passées sur les bancs de l'école. Façon de parler. Depuis bien plus de 10 ans, j'y suis, on y est, et maintenant, une étape importante vient de se terminer. Finies les heures de cours dans une ambiance agréable, finies les récrés pendant lesquelles toutes sortes de paroles se faisaient entendre, finies beaucoup de choses. Mais les souvenirs restent. Même si, j'avoue, c'est émouvant. Je ne suis pas triste de finir tout ça, il le faut bien, mais je ne suis pas non plus heureuse. Tout dépend de quelle facette de tout ça on parle, du lycée, du collège, ou de bien avant... Du collège, je retiens que les rencontres qui font rebondir nos journées, quelles qu'elles soient, ont toutes une influence, plus ou moins grande, oui, mais qui fait changer une partie de notre attitude, aussi infime qu'elle soit. Je retiens également que faire un saut qui nous terrifie peut finalement être moins dur que l'on croit, et que l'on en ressort plus confiant. Du lycée, je retiendrai que l'amitié nous change la vie, et que si l'on veut marcher droit, on a besoin de son appui, pour éviter de trop dévier. De tout ce parcours depuis l'enfance jusqu'à aujourd'hui, j'ai évidemment retenu des milliers de choses... Et les meilleures resteront gravées aussi longtemps que j'en aurai l'envie, et je sais qu'il m'arrivera de me les remémorer. Beaucoup d'erreurs, mais le double de moments de bonheur... Aujourd'hui, je pense au bac. Il va falloir s'y mettre, et en ressortir avec le sourire. Plus que quelques jours avant ce point final, et un autre grand saut sera à faire. Peur. Un peu. Toutes ces séparations, pour mieux se retrouver dit-on, on va voir ça, je pense que c'est le cas. Je me pose beaucoup de questions à ce sujet. Mais les premiers pas dans cette 2ème partie de la vie ont déjà commencé, l'autonomie arrive à grand pas. Après, alors, tout pourra recommencer, et on avisera.
Mais pour le moment, je me prends à imaginer. Je veux regarder le soleil se lever et se coucher, profiter de chaque seconde et laisser la vie suivre son cours comme elle l'entend. Ne rien refouler, ne rien retenir, tout tenter, même le plus fou, et recommencer si l'envie le dit. Faire un tour en bateau, plonger ma tête sous l'eau, dorer sur le sable, m'allonger dans l'herbe, imaginer les meilleurs et les pires exploits, sans pour autant en être capable, faire le tour de la Terre, passer mes soirées à parler, avoir mal aux pieds, ne pas avoir à réfléchir pour le moindre geste, mettre à bien tous ces projets, réalisables ou non, on s'en fout. Sourire jusqu'en avoir mal, courir sauter pleurer, les regarder rire, faire de nouvelles rencontres, découvrir des endroits magnifiques, vivre des moments exceptionnels avec ceux et celles que j'aime, imaginer tout ce dont on pourrait être capable, les serrer dans mes bras, retourner danser, raconter nimportequoi, faire en sorte que les gens nous croient, retenir tous ces souvenirs...
Les lignes ont tendance à trop vite se remplir, impossible alors de tout écrire.
Mais « profiter », c'est le mot auquel je veux désormais penser.